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mardi 22 décembre 2015

Andranovory, ville-carrefour

S'il y a bien une ville qui exprime bien la fonction de carrefour, c'est bien Andranovory. Ce bourg est le point de départ sur la RN7 de l'axe routier qui va vers Ampanihy, Ambovombe et Tôlagnaro (Fort-Dauphin). Il s'agit de la RN10, encore partiellement bitumée. Ce qui était le rassemblement de quelques hotely et d'une station de carburant est devenu ville : la commune aurait aujourd'hui plus de 30 000 habitants. Il faut dire que cette partie du causse de Vineta dispose de terres fertiles. 

Nous vous proposons quelques images satellitaires d'Andranovory, particulièrement belles. 

La mosaïque champêtre
Le bourg
La mare
Le carrefour

vendredi 4 juillet 2014

Les fondements historiques de l’organisation territoriale du Grand Sud de Madagascar




  Vu de l’extérieur, le Grand Sud malgache, prisonnier des images créées par les tour-opérateurs, apparaît souvent comme un désert de sable et de roc, bordé par des lagons aux eaux émeraude, irrégulièrement ponctué de rares bourgs et villages poussiéreux. C’est inexact, bien entendu. Ce vaste espace a la particularité d'avoir en grande partie échappé à l'emprise merina au XIXe siècle mais il est en fait structuré par une solide trame administrative sous-tendue par un réseau de bourgs créés en partie aux débuts de la colonisation française. L’ouverture  au début du XXe siècle de voies carrossables et la création de postes militaires par Lyautey dans des secteurs peuplés, mis en valeur au cours des siècles précédents, ont joué un rôle important dans l’organisation de l’espace, sans qu’il y ait de schéma reproductible partout. Les successeurs civils de Lyautey n’ont apporté de changements au modèle initial qu’en prenant en compte localement des bouleversements démographiques et économiques. L’Etat malgache après l'indépendance de 1959 a presque toujours validé les choix des premiers administrateurs coloniaux. Contrairement à une idée répandue, ces derniers n’ont pas construit ex nihilo mais au contraire en analysant, avec plus ou moins de discernement, les situations préexistantes. La mise en place de l’organisation territoriale se présente donc comme suivant une dynamique plutôt linéaire, une sorte de continuum marqué par d’indispensables réajustements permettant d’intégrer de nouveaux phénomènes comme les activités minières.
 
Mots clés : géographie historique, occupation de l’espace, développement urbain, campagnes, administration militaire, infrastructure


Des axes de communication parcourus par des charrettes : une révolution au début du XXe siècle
(Photo JMLebigre)

Référence :
Lebigre, J.-M., 2014.- Les fondements historiques de l’organisation territoriale du Grand Sud de Madagascar. in : Charlery de La Masselière B., Calas B. (dir.),  A la croisée du transect. De la montagne à la ville. Eloge d'une géographie tropicale traversière. Toulouse et Bordeaux, Presses Universitaires du Mirail / Presses Universitaires de Bordeaux : 287-300. 

Pour commander l'ouvrage



mardi 28 janvier 2014

L'étude d'impact de CES sur le projet World Titanium Resources de Ranobe

Coastal & Environmental Services, 2013.-  Version préliminaire d’étude d’impact environnemental et social. Projet minier World Titanium Resources de Ranobe, Région sud-ouest, Madagascar. Grahamstown (Afrique du Sud), 16 volumes. 


En avril 2003, le bureau d’étude sud-africain Coastal & Environmental Services (CES) a réalisé une étude de préfaisabilité du gigantesque projet minier d’extraction de l’ilménite de Ranobe, dans le Sud-Ouest de Madagascar, à la demande de World Titanium Resources, une compagnie minière australienne (Mount Claremont, Western Australia). Une grande partie des documents restés confidentiels est aujourd'hui accessible sur internet en anglais et en français sous formats  PDF et MS Word : http://cesnet.co.za/ranobe.html

Le volume principal (537 p. + 41 p. H.T.) correspond à la description générale du projet de mine de Ranobe et à celle de l'environnement de Tuléar à Morombe. Ce gros rapport fait la synthèse des impacts environnementaux et sociaux et discute des risques environnementaux et socio-économiques liés au projet. Il est rappelé que le projet initial était dû à la compagnie Exxaro Resources qui a réalisé à partir de 1999 l’exploration et une première étude de faisabilité.
Sur la plage "faly" de la Batterie, le futur site du wharf.  Les "dunes en croissant" du rapport sont en fait des barkhanes ! (Photo JMLeb -1989)
S’y ajoutent 15 documents spécialisés :
  • « Analyse de la qualité de l’air » (95 p.)
  • « Rapport botanique de spécialiste » (104 p.)
  • « Evaluation de l’impact social » (108 p.)
  • « Evaluation de référence de la faune » (91 p.)
  • « Evolution de l’impact sur l’ichtyologie et l’habitat aquatique* » (33 p.)
  • « Evaluation d’écologie marine et de pêche » (83 p.) réalisée par Chalmers et Hardy.
  • « Etude du transport sédimentaire (25 p.) réalisée par Prestedge Retief Dresner Wijnberg, Le Cap
  • « Rapport du bruit » (16 p.)
  • « Evaluation des rayonnements » (93 p.)
  • « Stratégie de réhabilitation et de compensation. Vers un plan d’action pour la biodiversité » (39 p.) réalisé par T. Martin and L.A. de Wet.
  • « Déchets et eaux usées » (48 p.)
  • « Evaluation d’eau pour* » (23 p.) réalisée par Aquaterre.
  • « Utilisation des terres et ressources naturelles » (59 p.) peu de références mais elles sont en français
  • « Evaluation de l’impact visuel » (64 p.)
  • « Economic Assessement Report » (50 p.)
 * intitulé à revoir ! 

Il s’agit de rapports de bureaux d’études, réalisés par des consultants compétents et expérimentés dans leur discipline. On y trouvera donc des éléments de connaissance intéressants, ne serait-ce que le regard neuf de Sud-Africains ne parlant ni le malgache, ni le français et n’ayant jamais eu de contacts avec cette région. Si l’abondante illustration est généralement excellente, on n’est pas surpris par les bibliographies qui montrent que leurs auteurs, à quelques exceptions près, n’ont guère fait d’efforts pour accéder aux données de base sur la région de Tuléar. Et si le sentiment après lecture de la synthèse qu’il y a davantage de délayage que d’apports originaux, il serait de mauvais goût d’oublier ces derniers, bien réels notamment dans des domaines où aucune étude n’avait été faite jusqu’à présent. 

Ce gros projet n’était a priori guère rassurant, connaissant la compétence des entreprises australiennes pour dégrader l’environnement de leur pays. Il y avait donc là une occasion de démontrer la volonté d’aller dans une direction plus appropriée. En fait de nombreuses recommandations de bon sens sont faites, à commencer par celles d’engager des études approfondies dans de nombreux domaines lacunaires. Reste à savoir si ces recommandations seront effectivement suivies ce que ce rapport ne peut bien sûr nous dire.