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lundi 11 septembre 2017

Le boom de la « musique urbaine malgache » : I - D’Agrad à Mr Sayda



Tana (Antananarivo), la capitale malgache, a longtemps été connue pour la qualité des groupes perpétuant la musique traditionnelle et celle de ses chorales animant les offices religieux, surtout protestants, voire catholiques. La musique de variété a hérité des qualités de ces chorales : belles voix et belles mélodies. Mais le genre en vogue possède un côté sirupeux qui le rapproche curieusement de la musique de variété asiatique. 

Même si la coexistence reste de règle, aujourd’hui, une nouvelle venue, la musique urbaine malgache, s’impose de manière très séduisante en se métissant avec la musique traditionnelle et en gardant les meilleurs aspects. D'Agrad à Mr Sayda en passant par Rak Roots et Martiora Freedom (1), c'est une génération de surdoués qui émerge. 

Par « musique urbaine », il faut entendre les rythmes contemporains en vogue dans le monde depuis quelques décennies : R'n'B, rap, raggae, électro, etc.  A Madagascar, le genre a pris place principalement dans de petites communautés de jeunes citadins. La capitale, bien plus vaste que les autres villes, et recevant des artistes venus de toute la Grande Ile pour s'établir, est de ce point de vue favorisée. Ce genre est populaire ce qui ne veut pas dire qu'il est cantonné aux jeunes des quartiers les plus pauvres : il s’est en effet également implanté chez les jeunes de la bourgeoisie urbaine. Aussi peut-il être considéré comme un élément de brassage plutôt que de ségrégation. Nous verrons que certains des musiciens sont engagés politiquement.


Cette musique est portée par des clips dont la qualité ne cesse de s’améliorer. Quoi de plus facile que de se faire connaître jusqu’au bout du monde grâce à une vidéo mise en ligne sur You Tube ? Encore faut-il, vu le coût d'un clip, se faire adopter par un label. Un des plus connus est Gasy Ploit qui a notamment pris sous son aile protectrice Odyai et Agrad & Skaiz. 
(à suivre)





(1) Quelques-uns des groupes et chanteurs pris en compte dans cet article
Agrad & Skaiz
Arione Joy
Bolo
DJ Gouty
Gangstabab
Jess Flavi One
Jiol’Ambup’s
Jyunii 
Km 613
Kougar
Malm
Marion
Martiora Freedom
Mijah
MMC Jazz
Odyai
Rak Roots (Loïc)
Roy Rakoto
Mr Sayda
Tsota

jeudi 25 août 2016

Musique malgache : en attendant un succès planétaire



Depuis quelques années, à Madagascar, pays marqué par une terrible crise politique et économique, on assiste à la genèse d’une multitude de groupes musicaux. Comme nous l’avons déjà vu grâce aux exemples des groupes du Sud et de Big MJ, la création musicale explose aux confins d’une tradition incroyablement riche et de nouveaux rythmes internationaux maîtrisés. 
La qualité et l’aisance de ces chanteurs et musiciens, pour la grande majorité autodidactes, ne peut que surprendre ceux qui ne connaissent pas Madagascar. En attendant leur succès, inéluctable, sur la scène internationale, vous en voulez la preuve ? Vous allez écouter et voir attentivement deux vidéos suivantes: "Ilay dihy" du groupe Kougar et "Je suis une princesse" de Malm. Attention à l’addiction à ces deux merveilleux groupes. Ce sera peut-être pour vous l’occasion de prendre un grand bain de fraicheur lors de leurs tournées en France d’outre-mer et métropolitaine. Nous gardons pour plus tard Agrad, Rak Roots, Odyai, Roy Rakoto, Gangstabab, Roméo, Arione Joy, Martoria, Jazz MMC, etc.










mardi 22 décembre 2015

Andranovory, ville-carrefour

S'il y a bien une ville qui exprime bien la fonction de carrefour, c'est bien Andranovory. Ce bourg est le point de départ sur la RN7 de l'axe routier qui va vers Ampanihy, Ambovombe et Tôlagnaro (Fort-Dauphin). Il s'agit de la RN10, encore partiellement bitumée. Ce qui était le rassemblement de quelques hotely et d'une station de carburant est devenu ville : la commune aurait aujourd'hui plus de 30 000 habitants. Il faut dire que cette partie du causse de Vineta dispose de terres fertiles. 

Nous vous proposons quelques images satellitaires d'Andranovory, particulièrement belles. 

La mosaïque champêtre
Le bourg
La mare
Le carrefour

mercredi 6 août 2014

Le malgache, une langue dynamique : quelques emprunts de l'argot au français

Le malgache est actuellement une langue pleine de vie qui intègre à sa façon de nombreux termes étrangers. C'est particulièrement visible dans l'argot citadin étudié par Clément Sambo (1), un brillant enseignant de linguistique de l'université de Toliara. Nous y avons choisi quelques termes issus de la langue française, presque toujours détournés ou revisités avec beaucoup d'humour et de créativité.

(1) Sambo, C., 2001.- Langages non conventionnels à Madagascar. Argot des jeunes et proverbes gaillards. Paris, INALCO et Karthala, 392 p., un ouvrage à se procurer absolument (30€).

ALERETORO : conversation ennuyeuse - fr. aller-retour (qui tourne en rond).
AMIRALY : pauvre - fr. amiral (Ratsiraka, dont le pouvoir s’est traduit par un appauvrissement général).
AVANT-CENTRE : la seule dent qui reste devant - fr. avant-centre au football.
BOLENDAKA : chaudement vêtu - fr. blindé.
BOMBO VOANJO : goudron - frangache : la friandise constituée d'arachides enrobées de caramel.
BOROSY : la cajolerie - fr. la brosse.
BOTY : licencié, répudié - fr. (à coups de) botte.
DEBA : voyou - fr. (chef de) bande.
DEZAKA : en brousse, loin du progrès - fr. le désert.
DORO : neuf et beau - fr. d’origine.
ENSPKTERA : fiancé(e) - fr. inspecteur (parce qu’on doit toujours se présenter devant lui ou elle sous son meilleur jour).
KANARA : qui tremble de peur - fr. (froid de) canard.
KRANINA : doué. - fr. le crâne.
KRIKA : le piston (pour accéder à quelque chose). - fr. le cric de voiture.
KROAROZY : le vin - fr. la Croix-Rouge par opposition à la Croix-Bleue, ligue anti-alcoolique protestante.
LAGININA : en colère - fr. la guigne.
OUI : la prostituée - fr. (qui dit toujours) oui.
PLISYPLISY : la cotisation - fr. plus, plus.
RISIKA : pris en flagrant délit - fr. risque, risqué
SATILL : prétentieux - fr. stylé.
VINGT-SIX : la viande - Référence au repas amélioré du 26 juin, fête de l’Indépendance.
ZANTY : marcher pieds nus - fr.  (rouler sur la) jante 

(à suivre)

mardi 6 mai 2014

Le consulat de France de Mahajanga après le passage du cyclone Kamisy en 1984

Après avoir touché Diégo et Mayotte, le cyclone Kamisy toucha Majunga dans la nuit du 11 au 12 avril 1984. Les destructions furent terribles et on compta environ 40 000 personnes sans abri. Le consulat de France perdit une partie de son toit.


vendredi 7 mars 2014

Le site de l'université de Toliara de 1989 à 2013



La photographie aérienne oblique, orientée vers le lagon et la ville au sud, est de 1989, quelques années après que le CUR (Centre universitaire régional) de Tuléar / Toliara ait acquis le statut d'université. Le site de l'université est formé par des dunes paraboliques formé de sables rubéfiés donc rougeâtres. Elles étaient autrefois couvertes par un fourré xérophile maintenant remplacé par une maigre steppe. Quelques arbres ont été plantés autour des logements des étudiants pour fournir un ombrage. L'image satellitaire de 2013, orientée à l'est, montre que le paysage du site proprement dit a peu évolué depuis 1989, quoique de nouveaux bâtiments ont surgi dernièrement. Les deux amphithéâtres en demi-lune sont toujours là, ainsi que les salles de cours et les bâtiments où est logée une partie des étudiants. Le site avait été choisi à cause de son éloignement de la ville. Aujourd'hui l'ancienne piste poussiéreuse aménagée sur les terres  cultivées du delta du Fiherenana est bordée par un quartier de plus en plus dense mais, ce qui n'étonnera personne, l'activité agricole n'a pas disparu.

Vue aérienne oblique - Photo JML de janvier 1989
Image de 2013 sur Google earth (Est en haut)
Les demi-lunes en 2007

Sur la route de Maninday en 2009
En 2004 : pas encore de changements