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lundi 30 mai 2016

Jatropha mahafalensis et autres jatropha du Grand Sud

Dans le Grand Sud de Madagascar coexistent trois espèces de Jatropha (famille des Euphorbiaceae).  Jatropha curcas L., le "savoa" a été introduit d'Amérique tropicale subaride. Cette plante est promise à un grand développement car elle a la particularité de donner une huile de très grande qualité sans que l'on ait besoin d'avoir recours à l'irrigation pour la cultiver. Des plantations ont été mises en place à Ihosy. J. multifida L., l'arbre corail introduit d'Amérique tropicale également, est une plante ornementale des jardins. J. mahafalensis Jum. & H.Perr., un arbuste endémique du fourré xérophile qui attire l'attention des pharmaciens, est utilisé en pharmacopée et est par ailleurs parfois planté pour ses qualités ornementales et oléagineuses.
 
Références:
Heim, F., Garrigue, E. & Husson, M., 1919. Un nouvel oléagineux de Madagascar: ‘le Betratra’ Jatropha mahafalensis Jum. (Euphorb.). Bulletin de l’Agence Générale des Colonies, 12: 679–691.
Baraguey, C., Blond, A., Correia, I., Pousset, J.L., Bodo, B. & C. Auvin-Guette, C., 2001. Mahafacyclin A,  a natural cyclic heptapeptide with antimalarial activity isolated from the latex of Jatropha mahafalensis Journal of Chemical Society P1, (17), 2001, pp. 2098-2103.
  
Jatropha mahafalensis

Jatropha multifida

Jatropha curcas
 Les photos sont de l'auteur comme d'habitude.

samedi 28 mai 2016

Hildegardia erythrosiphon, le « boaloka »

Hildegardia erythrosiphon (Baill.) Koster. (famille des Malvaceae, sous-famille des Sterculiaceae), le « boaloka » est une espèce pachycaule des forêts denses sèches de l'Extrême-Nord et de l'Ouest malgache, accessoirement du Sud-Ouest. Pour certains auteurs, il serait introduit, pour d'autres non. On peut aujourd'hui considérer qu'il s'agit d'une espèce endémique de Madagascar avec au moins deux sous-espèces. On fait des cordes à partir de son écorce. 

Dans le parc botanique de Tsimbazaza

Ziziphus spina-christi, le « tsinefo »

Ziziphus spina-christi (L.) Desf. (Rhamaceae), le « tsinefo », est un petit arbre de savane, appelé jujubier et introduit d'Afrique, continent sur lequel il est abondant et probablement du Proche-Orient où il est également présent. A Madagascar, on le trouve plutôt au sud du Mangoky, alors que Z. mauritiana, le « mokonazy» se trouve plutôt au nord de Morondava. Les jujubes sont consommées, et pas seulement par les enfants. 

Les fleurs

Les feuilles et les fruits
 

dimanche 21 juin 2015

Le katra : Ximenia perrieri Cavaco & Keraudren (Ximeniaceae)

Voilà un arbuste endémique du Sud malgache, bien caractéristique des régions subarides de Madagascar : rameaux en zigzags, longues épines effilées, petites feuilles épaisses en forme de coeur. Les petits fruits verdâtres seraient comestibles. Ximenia perrieri Cavaco & Keraudren a été décrit pour la première fois en 1955 dans le Bulletin de la Société Botanique de France 102: 118, f.2.    perrieri fait référence au grand botaniste Perrier de la Bâthie.
Synonyme : Ximenia caffra Sonder (Olacaceae). 

Ximenia perrieri Cavaco & Keraudren, photo JM Lebigre prise près d'Androka

samedi 13 juin 2015

Typhonodorum lindleyanum Scott, le faux-bananier

A Madagascar, on appelle Typhonodorum lindleyanum: "viha" ou "mangoaka". En français, on parle de faux-bananier ou de bananier d'eau. A Madagascar, la plante est visible dans les marécages où elle supporte une inondation de plusieurs mois, y compris dans le Grand Sud où elle est plus rare. L'aire de répartition de Typhonodorum lindleyanum dépasse Madagascar en s'élargissant aux Comores, à Zanzibar et à l'île Maurice. 
Cette grosse herbe de la famille des Araceae, de 4 m de haut, a été décrite pour la première fois par le botaniste autrichien  Heinrich Wilhelm Schott (1794-1865) dans l'Oesterreichisches Botanisches Wochenblatt [7: 69–70] en 1857. Typhonodorum  fait allusion à un Typha géant ; lindleyanum fait référence à John Lindley (1799-1865), un botaniste britannique surtout connu par ses travaux sur les Orchidées. 
En période de disette, on peut manger les feuilles et le rhizome de ce cette plante malgré le caractère légèrement irritant de la sève.





jeudi 11 juin 2015

Euphorbia milii Des Moul., l'épine du Christ

Euphorbia milii fut décrite pour la première fois en 1826 dans le Bulletin de la Société Linnéenne de Bordeaux [1 (1) : 27-28.]  par Charles des Moulins (1798-1875), un botaniste bordelais. milii fait référence au baron bordelais Pierre-Bernard Milius, nommé gouverneur de la Réunion en 1818 qui eut l'idée d'introduire la plante en France en 1821. Un des premiers spécimens retrouvés in situ par Jacques Leandri (1903-1982) dans les années 1940, et non dans un jardin, semble l'avoir été à Bevilany dans la région de Mahajanga, près de Maevatanana. Plusieurs variétés seraient originaires du Sud malgache comme E. milii var. tulearensis. De nombreux cultivars diversement colorés sont commercialisés. Cette plante buissonnante est connue pour ses grandes épines et ses bractées rouges, du moins pour certaines variétés.


Photo prise par l'auteur à Tuléar. Ce ne sont pas des pétales mais deux grandes bractées rouge vif. Au milieu, les fleurs sont toutes petites.

dimanche 26 octobre 2014

Alluaudia montagnacii à Itampolo

Voilà une des plantes les plus fantastiques de Madagascar, baobabs inclus. Le genre Alluaudia comme toutes les autres plantes de la famille des Didiereaceae sont endémiques du Sud-Ouest de la Grande Ile. Alluaudia montagnacii Rauh est micro-endémique de la région d'Itampolo. Son nom fait référence au botaniste français Montagnac. L'extrémité des tiges est curieusement ployée face au vent. Les photos ont été prises sur les sables rubéfiés de la Grande dune tatsimienne qui oblitèrent le causse mahafale. Ces individus sont très vieux sans que l'on sache leur âge. Leur croissance dans cette ambiance semi-désertique est très lente. La couleur rouge de l'image Google Earth correspond donc bien à la réalité. Il s'agit de champs vala entourés d'épineux introduits. Ce qui apparait en gris correspond au fourré xérophile à Didiereaceae. 
 


Image satellitaire via GE : la dune tatsimienne
 

Anémomorphose sur un vieux tamarinier de Tuléar

Le phénomène d'anémomorphose [du grec anémos (άνεμος) : le vent, morphos (μορφος) : la forme] consiste en une modification de la forme d'une plante sous l'effet du vent. Cela suppose que le vent souffle régulièrement dans une même direction pendant la plus grande partie de l'année. C'est le cas au bord du Canal de Mozambique, à Tuléar où souffle le tsiokatsimo en provenance du Sud. Sur les dunes littorales, se trouve cet extraordinaire tamarinier (Tamarindus indica, Fabaceae) sculpté par le vent. Le déséquilibre est tel que l'on redoute la chute de l'arbre ! 


jeudi 17 octobre 2013

Perrier de la Bâthie et l'exploration du Pic Boby (Andringitra, Madagascar)


22°13'S, 46°54'E
C'est le naturaliste Henri Perrier de la Bâthie, accompagné du topographe J. Descarpentries, qui en 1922 compléta sa première description (1911) et termina l'exploration du massif granitique de l'Andringitra qui signifie "là où poussent des plantes rabougries". En effet les espèces saxicoles endémiques y sont très nombreuses. Mais en fait on devrait parler de l'Imarivolanitra. Cet inselberg se trouve au sud d'Ambalavao en pays Bara. Le plus haut sommet du massif (2658 m) fut alors atteint et nommé "pic Boby". Curieusement il ne s'agit pas d'un toponyme malgache se terminant en y mais du nom du chien de Descarpentries.  Par la suite les expéditions scientifiques se sont multipliées : Humbert en 1924 puis 1934, Decary, Millot en 1949. Michel Petit, un géographe en fit une description géomorphologique minutieuse dans les années 50.


PAULIAN R., BETSCH J.M., GUILLAUMET J.L., BLANC C. & GRIVEAUD P., 1970-71.- Etude des écosystèmes montagnards dans la région malgache - I. Le massif de l'Andringitra - Géomorphologie, climatologie et groupements végétaux.  Bull. Soc. Ecol., II, 2-3, 189-226.
PETIT M., 1971.- Contribution à l'étude morphologique des reliefs grantiques à Madagascar. Tananarive, Imprimerie Centrale (thèse d'Etat de Lettres - Aix, 1970), 308 p. + 112 fig.

Image Google earth : l'Andringitra


dimanche 26 mai 2013

Pachypodium geayi, Apocynaceae



Le genre Pachypodium (pied enflé) est bien représenté à Madagascar et particulièrement dans le Sud-Ouest de la Grande Ile. P. geayi Cost. & Bois, plante ligneuse monocaule, pachycaule et épineuse se développe bien sur les sables carbonatés. Vu la lenteur de sa croissance cet individu aurait au minimum un siècle, peut-être même plusieurs. Des milliers ont disparu dans les fours des briquetteries de Tuléar.

Pachypodium geayi, Apocynaceae
 Première publication sur Paesaggio le 10 mars 2009

mercredi 15 mai 2013

Une revue des baobabs du Sud-Ouest malgache

On trouve sept espèces de baobabs à Madagascar, huit dans le monde. Ce sont des arbres caducifoliés  respectés  (interdits religieux) et recherchés : fruits comestibles, écorce, tronc, champignons, miel, etc.


Quatre sont présentes dans le Sud-Ouest : 

Adansonia grandidieri H. Baill.                       "reniala", cime en parasol, fleurs blanches ;

Adansonia  madagascariensis H. Baill.     "za" peu renflé, folioles rondes, rocaille : de Manombo au Nord ;

Adansonia  rubrostipa Jum. & Perr.            "ringy", "fony" : fleurs jaune pâle, synonyme : A. fony H. Baill. ;
Adansonia za H. Baill.  var. boinensis               "bontona", "za", cylindrique ou conique, fleurs jaunes.
 

Les recherches en cours sont nombreuses notamment concernant le phénomène d'introgression.  Une hypothèse a été émise par un Etatsunien, David Baum. Pour s'adapter plus rapidement à un nouveau milieu, une espèce peut s'emparer du matériel génétique d'une autre espèce déjà en place, c'est l'« introgression ». Jean-Michel Leong Pock Tsy, Roselyne Lumaret et Pascal Danthu travaillent sur le sujet.
 
Question : pourquoi sur la plupart des photos (toutes ici) les baobabs sont-ils défeuillés ?
Réponse : parce qu'il est plus facile de circuler sur les pistes en saison sèche qu'en saison des pluies, période pendant laquelle les baobabs retrouvent leurs feuilles.
 
à lire :
 
Bois et Forêts des Tropiques n° 306 / mars 2011
Dossier : Adansonia
Baobabs de Madagascar : un anachronisme de la dispersion ? par S. Andriantsaralaza, M. Pedrono, J. Tassin, R. Edmond, P. Danthu
The baobab: Australia’s isolated Adansonia par C. Done
Dimension socioculturelle du baobab Adansonia digitata L. dans le plateau central du Burkina Faso par B. A. Bationo, A. Maïga, P. Compaore, A. Kalinganire
  

La célèbre allée de Mangily dans le Menabe (photo de 1986): Adansonia grandidieri
 

Les "baobabs amoureux" de Mangily en Menabe


Coucher de soleil sur l'allée de Mangily dans le Menabe (photo récente): Adansonia grandidieri
 

Sur croûte calcaire à Andavadoka : "za" 


Derrière l'auteur, au cap Tsingilofilo 


Sur les rives de la Maharivo dans le Menabe

Première publication le 5 avril 2011 sur Paesaggio-over-blog  

mardi 14 mai 2013

Haie de fengoky anastomosés

On sait que dans les pays tropicaux, planter un pieu fait à partir de bois fraîchement coupé revient à parfois en faire une bouture. C'est ce qui s'est passé près d'Itampolo (Sud-Ouest malgache), avec ces fengoky, nom vernaculaire de Delonix decaryi (Vig.) Capuron, autrefois D. adansonoides, plus parlant, puisqu'il s'agit d'un pachycaule cigaroforme.


Première publication le 6 avril 2011 sur Paesaggio-Over-Blog